À la découverte de l’île de Pâques | 1/2
À la découverte de l’île de Pâques | 1/2

À la découverte de l’île de Pâques | 1/2


Explorer l’île habitée la plus isolée du monde et ses statues mystérieuses est un rêve de gamin. Découverte dans un vieux bouquin style encyclopédie des merveilles du monde, ou encore fantasmée dans Tintin et le vol 747 pour Sydney, ce lieu m’a toujours intrigué. Des hommes venus d’on ne sais où par delà les océans se seraient installés sur cette île perdue au milieu du Pacifique, auraient érigé des statues géantes à l’effigie d’on ne sait qui, et auraient fini par disparaitre mystérieusement. Incroyable histoire qui n’est d’ailleurs pas vraiment l’Histoire! Cependant, ce n’est pas pour autant que j’aurais imaginé m’y rendre en me retrouvant au Chili… Et oui, ce minuscule paradis de l’archipel polynésien est bel et bien chilien depuis 1888. C’est d’ailleurs une autre aventurière rencontrée à Bariloche en Argentine qui m’avais appris cela, s’y étant rendue elle même. Sans le vouloir, elle avait attisé ma curiosité et il était désormais clair et net qu’il était exclu de ne pas y aller…

Ce projet est donc restée bien ancrée au fond de ma tête et à mon arrivée au Chili, me rendre à Rapa Nui, c’est le nom de l’île de Pâques en dialecte ancien, était devenu l’une de mes priorités. Aussi lors de mon séjour en tant que volontaire au Kuyen Hostal de Pichilemu, j’ai entamé les recherches sur comment se rendre sur place et explorer le lieu au mieux. Internet aidant, je me mets aussi en relation avec d’autres explorateurs désireux de vivre la même expérience, dont Julie, une française intéressée pour partager les frais de location d’un véhicule sur place et qui devrait se rendre là bas à la même période que moi. Les transports en commun étant inexistants ce sera bien plus pratique d’avoir une voiture à disposition.

On est malheureusement loin des aventures de Robinson Crusoé mais bon, il faut accepter de vivre au XXIème siècle. Il y existe bien la possibilité de se rendre sur place en bateau. Cela rendrait de son charme à ce périple, mais la seule option maritime consiste à embarquer sur un navire de la marine chilienne. Ce dernier se rend sur place deux fois par an, et embarquer dessus est plus que hasardeux puisque les places restantes sont vendues prioritairement aux marins et leur famille, ainsi qu’aux résidants permanents de l’île. L’alternative aventure en bateau est donc compromise et il faudra definitivement rester dans les sentiers battus en y allant par avion.

Les seuls vols se rendant à Rapa Nui sont opérés quasi quotidiennement et uniquement par la compagnie chilienne LATAM depuis Santiago du Chili. Encore faut il arriver à se procurer un billet à un tarif correct car depuis leur site français, l’aller – retour est à mille euro… Surpris et me demandant comment les locaux font pour se rendre là bas compte tenu des revenus moyens dans le pays, l’idée me vient de consulter le version chilienne du site de la compagnie aérienne et par la magie des moaïs les prix en pesos sont sensiblement deux fois et demi moins chers! Plus que satisfait, je choisi donc mon A/R, sors ma visa pour réserver et… Je ne peux pas… Ils me demande mon RUT, un numéro d’identité chilien que je ne peux évidement pas avoir. Le seum. J’en parle avec José, le patron de l’hostal avec lequel je m’entends super bien et il me propose de payer pour moi avec sa CB chilienne contre un virement sur son compte en Europe. J’accepte mais lui aussi n’arrive pas à réserver. Avec les banques chiliennes, au delà d’un certain montant il faut des autorisations supplémentaires et c’est apparement un chemin de croix pour les obtenir… Il reste clair et net qu’il est exclu de ne pas aller là bas… Aussi le lendemain je décide de louer une voiture pour me rendre rapidement au bureau de LATAM à Santiago du Chili et prendre mon billet. Trois heures de route plus tard, je trouve, et j’arrive à avoir ma traversée au tarif que je voulais. Je suis refait, le 24 janvier 2020 je m’envolerai vers l’île de Pâques et ses fameux moaïs!

Le temps s’écoule et le jour arrive. J’embarque. Plus que cinq heures de vol me séparent de cette destination, un rêve d’enfant est en train de prendre forme.

Vu du ciel l’endroit est très vert et avec des reliefs volcaniques noirs. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je m’étais imaginé un lieu aride et déboisé, un peu comme la cote sud du Maroc. L’avion se pose sur l’unique piste qui traverse entièrement la pointe sud de l’ïle. Les portes s’ouvrent pour nous laisser descendre sur le tarmac, et en passant la tête dehors je ressens toute l’énergie bienveillante de ce lieu. Je suis chez moi.

L’accueil est chaleureux, collier de fleurs et bonne ambiance. Le camping ou je vais rester presque une semaine nous a affrété une navette. J’y fais la connaissance de Sing, une voyageuse taïwanaise, et Karina, une voyageuse russe expatriée à Barcelone. toutes deux seront ravies de partager la voiture de location avec Julie dont l’arrivée est prévue pour le lendemain, et moi.

Nous arrivons au Mihinoa camping, Désirée une tahitienne toujours souriante et prête à rire nous met à l’aise et nous plonge dans le bain polynésien en nous faisant le tour du propriétaire. Nous prenons possession de nos tentes. Elle sont face au coucher de soleil. Parfait.

René le gérant nous conseille d’aller voir les répétitions du festival de Rapa Nui. Festival de Rapa Nui? Oui celui qui débutera quand nous partirons… Pas de chance mais ce sera une bonne occasion pour revenir. René nous dépose gentiment dans le centre d’Hanga Roa, la ville principale de l’île et nous faisons une rapide ballade. Je mange mon premier ananas taillé minute à la machette, tel une glace bâtonnet. Nous nous rendons ensuite dans le gymnase où enfants et adultes répètent des danses traditionnelles. Toute cette vie et cette énergie emmenée par la musique polynésienne nous envoute et nous offre un spectacle superbe. Après près d’une heure, nous repartons à pied au camping en longeant la mer et croisons notre premier moaï au bord de la route, guettant l’horizon tel un gardien de l’île. Le Kiff. Arrivés au camping nous assistons à notre premier coucher de soleil. Nous sommes tous conquis et sous le charme de Rapa Nui. René nous propose de faire un barbecue avec le poisson qu’il a péché le jour même et nous ramenons quelques bières pour un apéros convivial avec d’autres résidants du camping. Désirée sort son ukulélé, la soirée est parfaite.

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